Un bon élevage de teckel nain à poil long se reconnaît moins à ses photos qu’à ce qu’il accepte de vous montrer : la mère du chiot, les papiers LOF de la portée, un numéro SIREN ou un numéro de portée dans l’annonce, et une semaine de délai imposée avant le départ. Ces quatre points sont prévus par la loi ou par le livre des origines, et chacun se vérifie avant de verser le moindre acompte.
Ce guide ne recommande aucun élevage. Il vous donne la grille pour juger celui que vous avez trouvé, et commence par une précision que les annonces taisent presque toutes.
Un chiot « nain » de deux mois, c’est un pronostic
Le standard FCI n° 148 ne définit pas la taille du teckel par le poids ni par la hauteur. Il la définit par le tour de poitrine, mesuré au ruban légèrement tendu, et seulement chez les sujets âgés de 15 mois et plus. Le standard ne donne d’ailleurs aucun poids, ni pour le nain ni pour les autres tailles.
| Taille | Mâle (tour de poitrine) | Femelle (tour de poitrine) |
|---|---|---|
| Teckel (standard) | plus de 37 à 47 cm | plus de 35 à 45 cm |
| Teckel nain | plus de 32 à 37 cm | plus de 30 à 35 cm |
| Kaninchen | 27 à 32 cm | 25 à 30 cm |
Conséquence directe : aucun éleveur ne peut garantir qu’un chiot de huit semaines sera un nain. Il peut seulement s’appuyer sur la taille des parents et des portées précédentes. Le bon réflexe consiste donc à demander la taille mesurée des deux parents, et à se méfier d’une promesse de poids adulte précis, qui ne repose sur aucun critère officiel. Les différences entre les trois tailles sont détaillées dans notre guide complet du teckel nain.
Le poil long, lui, se juge sur les parents plus que sur le chiot. Le standard le veut lisse, brillant et bien couché, plus long sous la gorge et sous le corps, dépassant le bord des oreilles, formant des franges à l’arrière des membres et un vrai panache sous la queue. Un poil ondulé ou broussailleux, d’égale longueur partout, ou trop long entre les doigts compte parmi les défauts listés.
Ce que la loi impose au vendeur, et que vous pouvez vérifier
En droit français, toute personne qui détient une femelle et vend au moins un chiot né d’elle est un éleveur, avec les obligations qui vont avec. Un particulier ne peut donc pas « juste vendre la portée de sa chienne » en échappant à ces règles. Celles-ci figurent aux articles L214-6-2, L214-8 et L214-8-1 du Code rural et de la pêche maritime.
Dans l’annonce
Toute annonce de vente d’un chiot doit comporter :
- l’espèce, la race et la variété, le sexe, le lieu de naissance et l’âge ;
- le numéro d’identification du chiot ;
- le nombre de femelles reproductrices de l’élevage et le nombre de portées de l’année écoulée ;
- l’inscription ou non à un livre généalogique et, si le chiot est LOF, le numéro d’identification de sa mère et le nombre de chiots de la portée ;
- le numéro SIREN (et SIRET) de l’élevage, dès le premier chiot vendu.
Une seule exception touche ce dernier point. Un éleveur qui ne produit que des chiens LOF, ne vend pas plus d’une portée par an et par foyer fiscal et déclare toutes ses portées au livre généalogique est dispensé de SIREN. Son annonce porte alors le numéro de portée attribué par le LOF. Une annonce qui n’affiche ni l’un ni l’autre n’est pas conforme, et c’est le premier tri à faire.
Avant le départ du chiot
La loi fixe trois verrous. Le chiot doit avoir plus de huit semaines. Il doit être identifié par puce électronique ou tatouage et enregistré au fichier national I-CAD avant la cession, aux frais du vendeur. Enfin, vous devez avoir signé un certificat d’engagement et de connaissance des besoins de l’espèce, avec une mention manuscrite, au moins sept jours avant la cession.
Ce certificat a été créé par la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, et son contenu a été précisé par un décret de juillet 2022. Il vise précisément l’achat sur un coup de tête : un élevage qui vous propose de signer et de repartir avec le chiot le même jour enfreint la loi. La fiche officielle de service-public.fr ajoute que l’éleveur doit présenter physiquement la mère à l’acheteur avant chaque vente, et qu’il ne peut vendre que des chiots issus de son propre élevage.
Le jour de la remise
Vous repartez avec une attestation de cession, un certificat vétérinaire de moins de trois mois et le document d’identification. Le certificat vétérinaire ne se limite pas à un tampon : le vétérinaire y reporte l’identification, les vaccinations éventuelles et, pour un chien de race, la copie de la déclaration de naissance au LOF. Il vérifie aussi que la morphologie du chiot est cohérente avec la race déclarée.
Côté I-CAD, c’est le vendeur qui effectue le changement de détenteur, mais c’est à vous de vérifier qu’il l’a fait. La carte d’identification à votre nom est alors générée et consultable dans votre espace détenteur sur le site de l’I-CAD.
LOF : ce que les papiers prouvent vraiment
La loi est nette : seul un chien inscrit à un livre généalogique reconnu par le ministère, le LOF en France, peut être présenté comme appartenant à une race. Sans inscription, l’annonce doit indiquer « n’appartient pas à une race ». La mention « d’apparence teckel » reste possible, mais seulement si le vendeur peut garantir cette apparence à l’âge adulte.
Un chiot LOF reçoit d’abord un certificat de naissance, qui ne vaut qu’inscription provisoire. L’inscription devient définitive après la confirmation, un examen par un juge qui vérifie la conformité au standard, et le chien reçoit alors son pedigree. Pour les teckels, la Société Centrale Canine fixe l’âge minimal de confirmation à 15 mois, et non 12 comme pour la plupart des races , ce qui coïncide avec l’âge de mesure du tour de poitrine fixé par le standard.
Pour vous, cela signifie trois choses :
- un chiot vendu « LOF » doit avoir une portée déclarée, ce qui suppose deux parents eux-mêmes confirmés ;
- vous pouvez demander à voir les pedigrees des deux parents, ce qu’un éleveur sérieux fait lui-même avant tout accouplement ;
- le statut « nain » de votre chien ne sera officiel qu’après sa propre mesure, à 15 mois ou plus.
Les questions à poser à l’élevage
Ces questions n’ont rien d’indiscret. Un éleveur qui travaille bien y répond sans détour, souvent avant que vous les posiez.
- Quel est le tour de poitrine mesuré du père et de la mère ? Et les chiots des portées précédentes sont-ils restés en nain ?
- Puis-je voir la mère, et le père s’il vit sur place ? Leur caractère est le meilleur indice de celui du chiot.
- Combien de portées la mère a-t-elle eues, et à quel âge la première ? Les règles d’élevage de la Société Centrale Canine, applicables depuis 2020, refusent les portées avant 15 mois, en limitent le nombre à huit sur la vie de la chienne et interdisent la saillie à partir de son neuvième anniversaire.
- Quels examens ou tests ont été faits sur les reproducteurs, et puis-je voir les résultats ? Votre vétérinaire vous dira lesquels ont du sens pour la race.
- Où vivent les chiots, et que voient-ils avant de partir ? Bruits domestiques, manipulations, visiteurs : les premières semaines comptent, comme l’explique notre article sur la socialisation du chiot teckel.
- Que se passe-t-il si je ne peux plus garder le chien ? Certains éleveurs s’engagent à le reprendre ou à aider à le replacer.
Les annonces qui doivent vous arrêter
Certains signaux relèvent de l’infraction pure, d’autres d’une pratique d’élevage discutable. Les premiers suffisent à passer votre chemin.
- Ni SIREN ni numéro de portée LOF dans l’annonce, ou un chiot vendu sans numéro d’identification.
- Un chiot proposé à moins de huit semaines, ou une remise « dès la signature » sans les sept jours de délai.
- Une livraison par transporteur sans visite, ou une mère « absente ce jour-là ». L’expédition d’animaux vivants par voie postale est d’ailleurs interdite.
- « Satisfait ou remboursé » ou toute technique promotionnelle du même genre : la loi l’interdit explicitement pour la vente d’animaux.
- « Teckel » sans LOF, ou des papiers promis « plus tard » sans numéro de portée à vous donner.
- Un poids adulte garanti au kilo près, ou des appellations comme « mini » ou « toy », qui ne correspondent à aucune taille du standard.
- Un supplément pour une robe « rare ». Le bleu et l’isabelle ne figurent pas au standard, et un chiot arlequin issu de deux parents arlequins pose un vrai problème, détaillé dans notre guide du teckel nain arlequin.
Sur les sites d’annonces, cherchez aussi la mention « annonce vérifiée ». Depuis 2022, une offre en ligne doit paraître dans une rubrique dédiée aux animaux, et le diffuseur contrôle les mentions obligatoires et leur cohérence avec le fichier I-CAD.
Ce qui fait varier le prix
Le 4 octobre 2026, nous avons relevé la première page d’un annuaire national d’annonces de chiots teckel à poil long : 29 annonces, toutes LOF, dont 21 affichaient un prix. Les prix de départ allaient de 1 600 à 5 000 €, avec une médiane de 2 800 € et la moitié des annonces entre 2 100 et 3 250 €. Ce relevé ne distingue pas les tailles, car les annonces ne le faisaient pas : il donne un ordre de grandeur, pas un tarif du teckel nain.
Plusieurs facteurs expliquent ces écarts :
- l’inscription LOF et la confirmation des parents, qui ont un coût pour l’éleveur ;
- les examens réalisés sur les reproducteurs et leur suivi vétérinaire ;
- l’offre disponible au moment où vous cherchez : peu de portées dans votre région, c’est une marge de négociation en moins ;
- la robe, qui ne devrait jamais justifier un supplément quand elle sort du standard.
Le prix d’achat reste la plus petite part de la dépense sur la vie du chien. Notre article sur le prix d’un teckel et son budget annuel détaille les postes récurrents.
Questions fréquentes
À quel âge peut-on récupérer un chiot teckel nain à poil long ?
Le chiot doit avoir plus de huit semaines, selon l’article L214-8 du Code rural. Il doit aussi être identifié avant de partir, et vous devez avoir signé le certificat d’engagement et de connaissance au moins sept jours avant la remise.
Un éleveur peut-il garantir qu’un chiot sera nain ?
Non. Le standard FCI classe les tailles d’après le tour de poitrine, mesuré à partir de 15 mois, entre plus de 32 et 37 cm pour un mâle nain et entre plus de 30 et 35 cm pour une femelle. Avant cet âge, l’éleveur ne peut fournir qu’un pronostic fondé sur la taille des parents.
Une annonce sans numéro SIREN est-elle forcément illégale ?
Pas toujours. Un éleveur qui ne vend qu’une portée LOF par an et par foyer fiscal peut afficher à la place le numéro de portée attribué par le LOF. Une annonce qui ne porte ni SIREN ni numéro de portée n’est pas conforme.
Quelle différence entre certificat de naissance et pedigree ?
Le certificat de naissance prouve une inscription provisoire au LOF. Le pedigree est délivré après la confirmation, un examen de conformité au standard que la Société Centrale Canine ouvre aux teckels à partir de 15 mois.
Combien coûte un teckel à poil long LOF en 2026 ?
Sur 21 annonces de chiots teckel à poil long LOF relevées le 4 octobre 2026, les prix allaient de 1 600 à 5 000 €, avec une médiane de 2 800 €. Ces annonces ne précisaient pas la taille.
Sources et méthode
Standard FCI n° 148 (Teckel), version française du 14 mars 2022 : tailles, tour de poitrine, qualité du poil long, robes. Code rural et de la pêche maritime, articles L214-6-2, L214-8 et L214-8-1, dans leurs versions en vigueur consultées sur Légifrance. Service-public.fr, fiches « Élevage de chiens et de chats : quelle est la réglementation ? » (vérifiée le 5 janvier 2026) et « Un particulier peut-il vendre ou donner des chiens ou des chats ? » (vérifiée le 28 avril 2026). I-CAD, « Acheter, adopter ou acquérir à titre gracieux un animal : quelles formalités accomplir ? ». Société Centrale Canine : page d’aide « Quel est l’âge requis pour la confirmation ? », circulaire du 31 octobre 2019 sur les règles d’élevage, et Guide juridique de la saillie d’Arnault Bensoussan, 3e édition, octobre 2025. Ministère de l’Agriculture, communiqué du 19 juillet 2022 sur le certificat d’engagement et de connaissance.
Cet article s’appuie sur ces textes et sur un relevé de prix daté, effectué par nos soins sur une page d’annonces publique ; il ne cite ni ne recommande aucun élevage. Il ne remplace pas l’avis d’un vétérinaire, ni celui d’un juriste en cas de litige avec un vendeur.




